LAFERRIERE, Dany
L'énigme du retour
Grasset
Opposants à un effroyable régime dictatorial, père et fils ont séparément émigré en Amérique. Le père meurt, le fils revient à Haïti à la recherche du passé de cet inconnu. Il renoue avec une parentèle émue et exubérante, rencontre les amis d'enfance du disparu, retrouve les siens, se recueille sur les tombes ancestrales. La chaleur accable, la faim et la violence occupent obsessionnellement des humains désoeuvrés. Impuissant à se réapproprier la mémoire de son île natale, partagé entre ici et ailleurs, “touriste” engagé sensible à la magie des lieux, à sa culture caraïbe, le visiteur pourra-t-il résoudre l'énigme de son retour ?
Avec pudeur et distanciation, le romancier inscrit le thème de l'exilé – si souvent traité – dans un recueil d'instantanés où vie et mort s'entrelacent au quotidien. Présentée en courts chapitres, la succession de récits et de vers libres en haïkus enveloppe le lecteur d'une atmosphère poétique où se dessine l'ombre d'Aimé Césaire. Après Je suis un écrivain japonais (NB juin 2008), l'auteur conforte ici son goût de la dérision à laquelle il ajoute une authentique émotion.
Notes Bibliographiques
29/09/2009
BEIGBEDER, Frédéric
Un roman français
Grasset
Héros du Djihad, gravement blessé, il survit inexplicablement, immobile, impassible, muet. Sa jeune épouse le soigne, au milieu des combats de rue et des bombardements, quelque part en Afghanistan. Peu à peu, cette présence pétrifiée amène la femme à dévoiler tout haut ses pensées, son passé, ses secrets ; son mari devient la "pierre de patience" qui absorbe toutes ses douleurs, enfance humiliée, famille impitoyable, sexualité frustre et honteuse dominée par les tabous religieux et le mépris des femmes.
Révolte, souffrance, imprécations, souvenirs et hallucinations : la longue plainte, en un crescendo poignant, se mêle au quotidien féminin dans une ville en guerre où la mort et le viol menacent. En arrière-plan, éclate la condamnation d'une civilisation masculine inhumaine, obsédée par la virilité et l'honneur. Le verbe poétique, aux tonalités orientales, de Terre et Cendres se retrouve ici avec la même sobre musicalité.
Notes Bibliographiques
08/09/2009