En 1980, à l’enterrement d’un écrivain célèbre, Sartre très probablement, Michel, le narrateur rencontre Pavel émigré tchèque qu’il a bien connu quelques années auparavant. C’est le point de départ d’un retour sur lui-même qui le conduit à analyser sans complaisance ses souvenirs depuis l’année de ses 12 ans, 1959 jusqu’à celle du Bac en 1964.
Captivé, le lecteur le suit pas à pas jusqu’à la dernière ligne.
Michel grandit en effet dans un univers riche et complexe. Sa famille réunit des ouvriers émigrés italiens et des bourgeois commerçants qui s’affrontent au moindre prétexte. Ses amis, plus âgés que lui, l’introduisent dans la littérature ou les débats politiques contemporains (guerre froide, guerre d’Algérie), tandis qu’il vit la pression des lycéens de son époque, ne pas se faire renvoyer du lycée (H-IV) et réussir le Bac. Dans le même temps son frère s’engage en Algérie où le frère de sa meilleure amie trouvera la mort tandis que son oncle vivra le retour des pieds-noirs.
La respiration vient de la fréquentation d’un bistrot situé à Denfert-Rochereau, le Balto, tenu par un couple d’Auvergnats au grand cœur. Michel devient imbattable au baby-foot jusqu’au jour où il pénètre dans l’arrière-salle dont la porte est dissimulée par un rideau. Il découvre Le Club des Incorrigibles Optimistes qui regroupe des émigrés passionnés d’échecs originaires de différents pays situés derrière le rideau de Fer. Son initiation aux échecs sera longue et les liens qu’il tisse peu à peu avec chacun lui font mieux comprendre l’originalité de chaque parcours.
Dans le même temps sa vie personnelle connaît bonheurs et déchirements qui peu à peu font de lui un homme tandis qu’il se découvre un talent, photographe.
Roman captivant qui présente plusieurs faces d’une époque et interroge le lecteur sur les réalités d’un monde en transformation.
Lynda Meillon BPT Rochefort