Dans son roman Jan Karsky, Yannick Haenel met en scène le résistant catholique polonais Yan Karsky qui a vainement tenté pendant la guerre, entre 1942 et 1944, d’alerter les Alliés sur le sort assigné aux juifs polonais par les Nazis.
Son roman est divisé en trois chapitres.
Le premier dépeint Jan Karsky tel qu’il apparaît en 1985 à l’âge de 71 ans dans Shoah, le film de Claude Lanzmann. On y voit un homme brisé par le poids de ce qu’il a vu et du fait qu’il n’est pas parvenu à sauver les Juifs de Pologne.
Le second résume le livre de Jan Karsky, Story of a Secret State publié à New York en 1944, traduit en français en 1948 et réédité en 2005 sous le titre Mon témoignage devant le monde. Il raconte méthodiquement l’itinéraire de cet universitaire, mobilisé au moment où il rentre d’un grand tour des bibliothèques d’Europe et se retrouve prisonnier des Soviétiques sans avoir combattu. Par deux fois, il s’évade, rejoint la résistance polonaise et devient agent de liaison avec le gouvernement polonais en exil en France. A deux reprises, il pénètre dans le Ghetto de Varsovie pour témoigner de visu et est saisi d’horreur. Pour témoigner, il se rend à Londres puis aux Etats-Unis où il a un entretien avec le Président Roosevelt. Il relaie la demande des responsables du Ghetto, que les camps soient bombardés et que des tracts soient parachutés pour informer la population allemande de ce qui se passe réellement. A son grand désespoir, ses démarches ne rencontrent qu’un très faible écho et n’ont aucune conséquence tangible.
Dans le dernier chapitre, l’auteur imagine ce que ressent Jan Karsky à la fin de sa vie, et lui fait exprimer ce qu’il a éprouvé lors des différentes entrevues avec les grands du monde politique ou intellectuel.
L’ensemble est intéressant même si l’on ressent un certain malaise à lire la parole imaginaire de quelqu’un dont on préfèrerait lire le livre plutôt que son résumé.
Lynda Meillon BPT Rochefort