Pologne, 1939. Ilonka est réveillée en sursaut par sa mère. En pleine nuit, elle se retrouve dehors, au milieu d'un étrange convoi de chariots. La petite fille ne comprend pas ce qu'il se passe ; mais son père est là aussi, elle n'est pas inquiète. Du haut de ses huit ans, Ilonka est souvent intriguée par le comportement des adultes, pourtant, à partir de cette nuit, son enfance bascule.
Un jour, les hommes partent, Ilonka reste seule avec sa mère. Les nuits menacent des nouveaux réveils en sursaut, il faut fuir, laisser toutes ses affaires, ne pas les retrouver au retour. Dans les lettres qui arrivent du camp de Dachau, son père l'appelle Eléna. Un autre prénom pour une autre vie, moins dangereuse. Puis les courriers n'arrivent plus. Ilonka apprend qu'elle est juive. A la fin de la guerre, son secret bien enfoui, Elena émigre en France avec sa mère. La France sera désormais son pays, elle s'appelle Hélène. Toute sa vie elle taira son enfance.
La petite fille de l'exode devenue Hélène fait revivre soixante ans plus tard, Ilonka, la petite Polonaise.
Une maîtrise d'anglais en poche, un poste de professeur qui l'attend à Brest, Benjamin, vingt-cinq ans, peut enfin voler de ses propres ailes. Et dire adieu à sa vie nomade et décousue. Pourquoi se sauve-t-il alors en Israël sur un coup de tête ? Pourquoi s'invente-t-il un grand-père juif alors que le sien tenait l'harmonium tous les dimanches dans l'église de Trémadec ? Il est cinglé, complètement cinglé. Et pourtant, grâce à cet élan de liberté, ce jeune Français en quête d'identité va trouver sa voie et devenir un homme, à trois mille kilomètres de chez lui, dans un Proche-Orient déchiré.
Entre émotion et filiation, ces tribulations d'un Breton en Terre sainte marquent le retour à la comédie de Corinne Roche.